mercredi 27 août 2008

Mots dits


De la terre rouge qui s'accumule au fil des routes inconnues d'un pays où je suis né. D'autres en Constantinople, cyclopes au coeur d'ébène, l'ocre reprend ses voiles. Au volant d'un mobylette de trois tonnes aussi vieille que moi, la vie fracassée, encore. Des voix du fond de la Russie aux bribes du vent sur les collines d'à côté. L'émerveillement commence en s'y mettant, et tous les cyniques qui attendent un cataclysme pour atteindre l'orgasme. Quelques luttes éparses au cendrier des querelles de moustiques, s'arrêter en chemin. Passer au filtre des cultures la joie de ressentir, refaire la volte d'hier, recommencer les farandoles des nuits à venir. Aucun mouvement ne peut savoir périr. Et nous héritons des croûtons qui pensent que la révolution est "obligatoirement possible". La spirale des années se brise en chahutant les proches, en leur hurlant le désir de refuser la glue dont ils nous entourent. Non, je ne serai pas votre rond-point paresseux. Deux phrases, l'une de Nietzsche : "Voir avec le plus d'yeux possibles." L'autre de Deleuze & Guattari : "Il n'existe de sujet fixe que par répression." Les frontières à enjamber sont les années qui trépassent & Stanley Brinks fait ce qu'il peut. Un peu de temps pour passer les yeux sur ces quelques dunes qui ne savent pas courir.

mercredi 13 février 2008

Nietzsche, Gai Savoir, § 299


Ce que l’on doit apprendre des artistes. – De quels moyens disposons-nous pour nous rendre les choses belles, attirantes, désirables lorsqu’elles ne le sont pas ? – et je suis d’avis qu’elles ne le sont jamais en soi ! Nous avons ici quelque chose à apprendre des médecins lorsque par exemple ils diluent l’amer ou additionnent vin et sucre dans leur mélangeur ; mais plus encore des artistes, eux qui travaillent continuellement en réalité à inventer de telles inventions et de tels tours de passe-passe. S’éloigner des choses jusqu’à ce que beaucoup de leurs éléments échappent à la vue et que l’on doive ajouter beaucoup pour continuer à les voir – ou bien voir les choses de biais et comme un raccourci – ou bien les disposer de telle manière qu’elles soient partiellement masquées et ne permettent que des aperçus en perspective – ou bien les contempler à travers un verre teinté ou à la lumière du crépuscule – ou les doter d’une surface et d’une peau qui n’offrent pas de transparence parfaite : c’est tout cela que nous devons apprendre des artistes, en étant pour le reste plus sages qu’eux. Car chez eux, cette force subtile qui leur est propre s’arrête d’ordinaire là où s’arrête l’art et où commence la vie : mais nous, nous voulons être les poètes de notre vie, et d’abord dans les choses les plus modestes et les plus quotidiennes.

jeudi 4 octobre 2007

Missive


Le cirque tel que je l'imagine aujourd'hui sans le vivre et l'effleurant de tes contours d'aurores inconnues. Le noir & blanc & gris & rouge des photos du livre parlent une langue que je connais trop pour la parler, la voix des rêves auxquels je m'accroche comme je raccrocherais pour toi les lunes décrochées par trop d'amants prosaïques. Des palabres & mon corps perchés sur les hauteurs de l'Atlas en chute vertigineuse vers lui-même, les muscles saillants d'une riposte passionnelle. Plus aucun siècle à venir si l'on en croit les morbides en réunion, et les années sombres toujours prophétisées depuis cinq mille ans, mais que peuvent-ils peindre de sombre ces papiers peints de la planète, qu'ont-ils de commun avec les clairs-obscurs des nuits aux mille teintes, aux escapades ensablées d'un front bagarreur?
Relever les yeux sur deux jambes qui épousent les infinies d'un cheval au galop, une course à douze jambes & un baiser à vingt gueules, je te volerais les mots si j'osais ouvrir mon ventre en fruits africains. Un tout petit cercle. Un tout petit rire. Une envolée légère. Marcello aurait sans doute fui cette nuit jusqu'à s'en rompre le soleil sur le crâne s'il avait su que quelques heures le séparaient de son ultime matinée, de sa dernière cavalcade vers les sourires de l'Orient. Et pourtant je hais ces tournures.
Un pov' gamin perdu dans le désarroi de ses parents affublés de quotidien releva le menton pour la dame aux boas de Vénus, le singe d'hiver et les éléphants pianistes. Le monde regorge de ses propres embellies, déborde de sale magie, trop criminelle & trop effrayante pour les VOULOIR vraiment, et pourtant on le dit désenchanté.
Le sens viendrait d'ailleurs, ne pourrait pas être déchargé de nous vers les alentours, et l'on me reproche cette attaque aux anti-scientistes quand je me permets de fredonner qu'"il nous semble important de pouvoir aujourd’hui se laisser bercer par quelques histoires, quelques paroles, sans qu’elles doivent obligatoirement passer par le filtre critique de l’esprit scientifique. Sans prôner le retour aux superstitions, religions et autres flux propices à la circulation du pouvoir, nous ne pouvons que souhaiter l’autodétermination des peuples et des personnes pour ce qui est de donner du sens au monde qui les entoure et dont ils font partie. C’est parce que nous sentons bien chez les scientifiques avec lesquels nous discutons, ou que nous « sommes », l’attirance pour la poésie, les arts où d’autres champs « obscurs », que nous pouvons affirmer que notre constat actuel penche aussi vers une hégémonie de la raison logique comme colonisatrice des imaginaires. "

Consigne, Gare de Ménilmontant, dernier arrêt


Cette vie comme un faisceau de croisées, toujours allant, jamais partant et le retour amputé à la naissance. L'identité sans roc, déridée, aux hasards des autres, par ailleurs et par lunes, pointant l'importance dans les regards enlevés aux visages étrangers. Y mettre toute la barbarie d'une étoile filante mais sans l'étreinte allumée, sans phare à mes larges... horizons d'errance parsemée de voltige.

mercredi 3 octobre 2007

Nul reste



En route vers nulle part, avec pour seule adresse : - internet ; le lieu de ceux qui habitent nulle part. Il faut arrêter un jour avec la dette éternelle que l'on ressent pour ses parents, sans les tuer pour autant, y a pas marqué Freud sur mon front : j'ai jamais pris d'coke ni autre, trop peur d'aimer.
Et cette voix du maître instable qui résonne dans mes baisers : "La routine, ce n'est pas par des aménagements avec l'autre qu'on y échappe, c'est en réalisant sa propre oeuvre."
Alors qu'esst-ce que je fous là, en route vers nulle part?
Tout se croise et se recroise & les lignes de destin se dessinent aux seins penchés des sirènes incertaines. Jusqu'où irai-je et jusqu'où l'éclat d'un nous ? Toute mon écriture pue le renfermé "Croche dedans Ferdinand!", les fantômes ne sont que des fantômes et moi le monstre ordinaire, pas de double à vivre, tout est là sans repli. Que des lendemains à délester : roulottes & métros main dans la crainte, patiences en formes de d'aventures. Et si je pouvais m'abandonner à tes rêves, je n'aurais que la force d'être, la persévérance joyeuse des spontanéités partagées... si tes paroles avaient le goût de tes hanches...

lundi 14 mai 2007

Continuisme

La portion congrue des héritages aléatoires avec les ratures des rêves élémentaires. Sensation vive de ressentir les mondes alentour dénués d’avancée, les mouvements ne s’adressant jamais vers l’avant ; seulement cette impression de déplacement qui dépasse la ville et les chemins de terre, toute la construction idéologique de l’avancée m’enveloppant dans mon regard gesticulant.

dimanche 13 mai 2007

Chichas parisiennes

L’odeur de chicha, pommes à fumer dans les rues de Paris et l’envie d’écrire tous les « j’aurais du… ».

Les poumons cadenassés

La colonne vertébrale décousue, affalée sur le divan des habitudes, ça parle des pas-de-côté éléctoraux, de compromissions d’un jour et le reste de l’année ça s’agrafe aux habitudes, plus de poissons dans 50 ans, des réfugiés climatiques par millions et ça continue la soupe aux verbes du soir, avec des talons aiguilles de beau gosse parfumé, surparfumé, mais je n’entends pas ce que tu dis, ça ressemble trop à ce que j’entends partout ailleurs, chacune de tes phrases perdue dans un quelconque brouhaha personnel. Tu ne dis rien, parole invisible dans la cohue de la majorité silencieuse. Vas voter, mais de grâce tais-toi, cela fait trop longtemps, depuis toujours que tu t’es fait voler la singularité de ton discours… comme pour suggérer qu’il existerait un a priori de l’aliénation.

vendredi 11 mai 2007

En retard

La position du clochard assis, incrustée dans les consciences effectives, "ATTENTIFS ENSEMBLE TOUT DEVIENT POSSIBLE". Les parcours confondus, la mise en attente. J’avais décidé l’abandon de ce « je » de terreur, les conciliation sans cesse recommencées et les liens renoués à la mode alternative. Une canette roulante dans le wagon du milieu, parcourant les bébés désespérés… et vous me voyez écrire alors que je griffonne.

Au bout du monde, loin des planètes rondes

La pulsion dromique des grandes explorations condensée dans les rires d’un soirée vagabonde, au mois d’août assurément, mais à n’importe quel moment de l’année. Et les rêveurs tirent sur leurs sarbacanes mélodieuse des Bella Ciao et des impasses sensorielles ; on entend mieux dans la rue, extirpés des corsets marchands, corsaires souterrains d’un été avant-gardiste, réchauffement climatisé oblige !

jeudi 10 mai 2007

S'efforcer dans les devenirs

Comme le lien qui traverse les fleurs éparses poussées au forceps sur la fourche trottoir-mur-ciel trouée, fendue en balafres de toi, épaisseurs vidées de la gorgée dans tes yeux à venir ; mon visage plein soleil, ouvert en plaie brûlante aux errances urbaines, pendu sur un banc le baume au cœur, léger comme la danseuse que je suis aussi quand les impossibles se reposent. Compilation navrante de nos doutes gribouillés. Enfuie l’envie de nous battre contre nos méfiances, l’agressivité en colimaçon autour de nos propres cous. Les regards se dessinent à présent en courbures de clarinettes, d’une longue route en roulotte, hébergés par nos rêves, piétinant les technologies policiférantes. Le premier chemin aux détours de ces phrases-ci qui se déploieront peu à peu vers la simple couleur de nos yeux cramés de Catalogne, ou, juste au-dessous, l’Espagne évaporée et l’Afrique pour ses désirs de nuits "à quatre bras", disais-tu…

mercredi 9 mai 2007

Errance reptilienne

J’ai pas envie de vous ressembler, et me voilà, le "torchon brûle" en fuite de vos habitudes reconsidérés, "la dé-sidération pour raviver le désir" qu’il disait le crevard de socio-philo-psycho croûton, croyant qu'une de ses conférences suffirait à réimplanter la joie chez les enfants de la bombe, je m'absente, sidéré, pour le coup, de vos quêtes hésitantes qui n'ont plus que l'amertume à vendre aux destins du siècle, je m'en vais, un pied de côté après l'autre, me désidérer dans les quartiers de mes anciennes duplicités, avec le refus fier et obstiné d’être quelqu’un, vous m’ennuyez de cultures en politiques : vous n’êtes pas assez sombres et je suis trop nombreux... Il y a trop de surinvestissement sur vos formes, trop de pré-décalages fomentés en insomnies, je veux bien suivre ce corps qui passe sans parler…

mardi 8 mai 2007

Train-train de nuit

J’ai échappé de justesse et à tellement de reprises à cette mort de la vie normale, aux exigences morales, écriture d’un doigt, et autres devoirs anodins à ces oublis de se révolter, ces cadres impensés ; lancé dans les interstices, poussant, tirant les limites de chacune des rencontres…