
Le cirque tel que je l'imagine aujourd'hui sans le vivre et l'effleurant de tes contours d'aurores inconnues. Le noir & blanc & gris & rouge des photos du livre parlent une langue que je connais trop pour la parler, la voix des rêves auxquels je m'accroche comme je raccrocherais pour toi les lunes décrochées par trop d'amants prosaïques. Des palabres & mon corps perchés sur les hauteurs de l'Atlas en chute vertigineuse vers lui-même, les muscles saillants d'une riposte passionnelle. Plus aucun siècle à venir si l'on en croit les morbides en réunion, et les années sombres toujours prophétisées depuis cinq mille ans, mais que peuvent-ils peindre de sombre ces papiers peints de la planète, qu'ont-ils de commun avec les clairs-obscurs des nuits aux mille teintes, aux escapades ensablées d'un front bagarreur?
Relever les yeux sur deux jambes qui épousent les infinies d'un cheval au galop, une course à douze jambes & un baiser à vingt gueules, je te volerais les mots si j'osais ouvrir mon ventre en fruits africains. Un tout petit cercle. Un tout petit rire. Une envolée légère. Marcello aurait sans doute fui cette nuit jusqu'à s'en rompre le soleil sur le crâne s'il avait su que quelques heures le séparaient de son ultime matinée, de sa dernière cavalcade vers les sourires de l'Orient. Et pourtant je hais ces tournures.
Un pov' gamin perdu dans le désarroi de ses parents affublés de quotidien releva le menton pour la dame aux boas de Vénus, le singe d'hiver et les éléphants pianistes. Le monde regorge de ses propres embellies, déborde de sale magie, trop criminelle & trop effrayante pour les VOULOIR vraiment, et pourtant on le dit désenchanté.
Le sens viendrait d'ailleurs, ne pourrait pas être déchargé de nous vers les alentours, et l'on me reproche cette attaque aux anti-scientistes quand je me permets de fredonner qu'"il nous semble important de pouvoir aujourd’hui se laisser bercer par quelques histoires, quelques paroles, sans qu’elles doivent obligatoirement passer par le filtre critique de l’esprit scientifique. Sans prôner le retour aux superstitions, religions et autres flux propices à la circulation du pouvoir, nous ne pouvons que souhaiter l’autodétermination des peuples et des personnes pour ce qui est de donner du sens au monde qui les entoure et dont ils font partie. C’est parce que nous sentons bien chez les scientifiques avec lesquels nous discutons, ou que nous « sommes », l’attirance pour la poésie, les arts où d’autres champs « obscurs », que nous pouvons affirmer que notre constat actuel penche aussi vers une hégémonie de la raison logique comme colonisatrice des imaginaires. "