jeudi 4 octobre 2007

Missive


Le cirque tel que je l'imagine aujourd'hui sans le vivre et l'effleurant de tes contours d'aurores inconnues. Le noir & blanc & gris & rouge des photos du livre parlent une langue que je connais trop pour la parler, la voix des rêves auxquels je m'accroche comme je raccrocherais pour toi les lunes décrochées par trop d'amants prosaïques. Des palabres & mon corps perchés sur les hauteurs de l'Atlas en chute vertigineuse vers lui-même, les muscles saillants d'une riposte passionnelle. Plus aucun siècle à venir si l'on en croit les morbides en réunion, et les années sombres toujours prophétisées depuis cinq mille ans, mais que peuvent-ils peindre de sombre ces papiers peints de la planète, qu'ont-ils de commun avec les clairs-obscurs des nuits aux mille teintes, aux escapades ensablées d'un front bagarreur?
Relever les yeux sur deux jambes qui épousent les infinies d'un cheval au galop, une course à douze jambes & un baiser à vingt gueules, je te volerais les mots si j'osais ouvrir mon ventre en fruits africains. Un tout petit cercle. Un tout petit rire. Une envolée légère. Marcello aurait sans doute fui cette nuit jusqu'à s'en rompre le soleil sur le crâne s'il avait su que quelques heures le séparaient de son ultime matinée, de sa dernière cavalcade vers les sourires de l'Orient. Et pourtant je hais ces tournures.
Un pov' gamin perdu dans le désarroi de ses parents affublés de quotidien releva le menton pour la dame aux boas de Vénus, le singe d'hiver et les éléphants pianistes. Le monde regorge de ses propres embellies, déborde de sale magie, trop criminelle & trop effrayante pour les VOULOIR vraiment, et pourtant on le dit désenchanté.
Le sens viendrait d'ailleurs, ne pourrait pas être déchargé de nous vers les alentours, et l'on me reproche cette attaque aux anti-scientistes quand je me permets de fredonner qu'"il nous semble important de pouvoir aujourd’hui se laisser bercer par quelques histoires, quelques paroles, sans qu’elles doivent obligatoirement passer par le filtre critique de l’esprit scientifique. Sans prôner le retour aux superstitions, religions et autres flux propices à la circulation du pouvoir, nous ne pouvons que souhaiter l’autodétermination des peuples et des personnes pour ce qui est de donner du sens au monde qui les entoure et dont ils font partie. C’est parce que nous sentons bien chez les scientifiques avec lesquels nous discutons, ou que nous « sommes », l’attirance pour la poésie, les arts où d’autres champs « obscurs », que nous pouvons affirmer que notre constat actuel penche aussi vers une hégémonie de la raison logique comme colonisatrice des imaginaires. "

Consigne, Gare de Ménilmontant, dernier arrêt


Cette vie comme un faisceau de croisées, toujours allant, jamais partant et le retour amputé à la naissance. L'identité sans roc, déridée, aux hasards des autres, par ailleurs et par lunes, pointant l'importance dans les regards enlevés aux visages étrangers. Y mettre toute la barbarie d'une étoile filante mais sans l'étreinte allumée, sans phare à mes larges... horizons d'errance parsemée de voltige.

mercredi 3 octobre 2007

Nul reste



En route vers nulle part, avec pour seule adresse : - internet ; le lieu de ceux qui habitent nulle part. Il faut arrêter un jour avec la dette éternelle que l'on ressent pour ses parents, sans les tuer pour autant, y a pas marqué Freud sur mon front : j'ai jamais pris d'coke ni autre, trop peur d'aimer.
Et cette voix du maître instable qui résonne dans mes baisers : "La routine, ce n'est pas par des aménagements avec l'autre qu'on y échappe, c'est en réalisant sa propre oeuvre."
Alors qu'esst-ce que je fous là, en route vers nulle part?
Tout se croise et se recroise & les lignes de destin se dessinent aux seins penchés des sirènes incertaines. Jusqu'où irai-je et jusqu'où l'éclat d'un nous ? Toute mon écriture pue le renfermé "Croche dedans Ferdinand!", les fantômes ne sont que des fantômes et moi le monstre ordinaire, pas de double à vivre, tout est là sans repli. Que des lendemains à délester : roulottes & métros main dans la crainte, patiences en formes de d'aventures. Et si je pouvais m'abandonner à tes rêves, je n'aurais que la force d'être, la persévérance joyeuse des spontanéités partagées... si tes paroles avaient le goût de tes hanches...