mercredi 27 août 2008

Mots dits


De la terre rouge au fil des routes inconnues d'un pays où je suis né. D'autres en Constantinople, cyclopes au coeur d'ébène, l'ocre reprend ses voiles. Au volant d'un mobylette de trois tonnes aussi vieille que moi, la vie fracassée, encore. Des voix du fond de la Russie aux bribes du vent sur les collines d'à côté. L'émerveillement commence en s'y mettant, et tous les cyniques qui attendent un cataclysme pour atteindre l'orgasme. Quelques luttes éparses au cendrier des querelles de moustiques, s'arrêter en chemin. Passer au filtre des cultures la joie de ressentir, refaire la volte d'hier, recommencer les farandoles des nuits à venir. Aucun mouvement ne peut savoir périr. Et nous héritons des croûtons qui pensent que la révolution est "obligatoirement possible". La spirale des années se brise en chahutant les proches, en leur hurlant le désir de refuser la glue dont ils nous entourent. Non, je ne serai pas votre rond-point paresseux. Deux phrases, l'une de Nietzsche : "Voir avec le plus d'yeux possibles." L'autre de Deleuze & Guattari : "Il n'existe de sujet fixe que par répression." Les frontières à enjamber sont les années qui trépassent & Stanley Brinks fait ce qu'il peut. Un peu de temps pour passer les yeux sur ces quelques dunes qui ne savent pas courir.